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Pourquoi, dans cette belle et prospère
région du Limousin, des pères ne peuvent-ils
s'entendre avec leurs fils uniques ? Pourquoi les
rancurs cheminent-elles de générations
en générations ? Amorcée aux lendemains
de la Révolution, l'espèce de
malédiction qui frappe les Maisonnial sévira
durant un siècle et demi, animée par des
caractères trop bien trempés, inaptes à
céder d'un pouce, ignorant les exhortations des
femmes qui, inlassablement, cherchaient le bonheur de
l'harmonie familiale.
Furent-elles appréciées comme elles le
devaient, ces femmes merveilleuses ? Sensibles, intuitives,
elles maintinrent le cap, pansèrent les plaies,
furent toujours présentes. Si Adelaïde ne put
garder François dans le droit chemin, elle parvint
à préserver leur fils Jean, à faire de
lui le fin lettré qu'il resta jusqu'à sa mort,
tandis que Marie-Sophie tentait de s'opposer à la
lourde erreur qu'il commettait, et qui anéantissait
tout rapprochement avec Adrien. Auprès du jeune
garçon, plus tard auprès
d'Héloïse, Marie-Sophie joua un rôle
bienfaisant. Quant à Adrien, il
bénéficia de l'attachement absolu de deux
femmes : celui de sa chère tante Amélie, puis
celui d'Héloïse qui conforta son besoin de
reconnaissance et d'amour. Mais tout occupé de
pédagogie, sut-il discerner, sous l'humour et la
gaieté d'Héloïse, sa solidité et
sa sollicitude de tous les instants ? Sûrement plus
qu'il le crut lui-même !
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